Les OGM

Les organismes génétiquement modifiés

Un OGM est défini par la règlementation européenne comme « un organisme dont le matériel génétique a été modifié d’une manière qui ne s’effectue pas naturellement par multiplication et/ou par recombinaison naturelle ». La modification en question consiste en le transfert d’un ou de quelques gènes depuis un autre organisme (de la même espèce ou d’une autre espèce), ou l’inactivation de gènes.

En croisant des plantes, comme Mendel ses petits pois et Morgan ses mouches, l’homme transfère depuis longtemps des gènes d’un organisme à un autre. L’hybride F1 serait-il donc un OGM qui s’ignore ? Pas tout à fait, car, à la différence du F1, l’OGM a été obtenu non par reproduction, mais par modification ciblée de son génome. C’est donc essentiellement la méthode qui fait la différence, et non le but atteint.

Quelles sont les conséquences de cette différence de méthodes ? Dans le cas du croisement naturel, ce sont des milliers de gènes qui sont échangés de façon aléatoire, alors que pour l’OGM, l’expérimentateur choisit le ou les quelques gènes à insérer dans le génome. Pour introduire un caractère dans une variété et répondre à des besoins et des environnements particuliers, il fallait donc une dizaine d’années ou plus au sélectionneur pour croiser et recroiser les différentes générations jusqu’à obtenir le résultat voulu, alors que quelques mois sufsent pour obtenir un OGM. 

Autre conséquence : on s’affranchit de la barrière entre espèces. Le sélectionneur ne marie que des variétés d’une même espèce, ou des espèces proches : un des critères qui définit l’espèce (mais qui est sans cesse remis en cause) est justement l’étanchéité du matériel génétique de chacune l’une envers l’autre. Or, le généticien a su s’affranchir de la barrière interspécifique en trouvant le moyen de placer directement dans un génome un gène d’une autre espèce.

Les techniques sont également très différentes. Pour modifier génétiquement une plante, on n’agite plus une fleur sur une autre. Une méthode a été développée dans les années 60. On repère un caractère susceptible d’améliorer une variété de maïs, la résistance à un parasite par exemple (la pyrale, le plus connu, qui a la fâcheuse habitude de forer des galeries dans les tiges de maïs. Une larve de pyrale sur une tige altère le rendement de 5%. Vingt larves = zéro rendement !). Après avoir localisé le gène en question, on l’intègre dans le plasmide d’une bactérie. Le « plasmide » est un morceau d’ADN circulaire distinct de l’ADN du chromosome de la bactérie, et qui se multiplie de façon autonome.

Une fois l’ADN intégré dans le plasmide, on offre à la bactérie le milieu de culture qui assurera une multiplication optimale du gène étudié (ou bien le multipliera par une technique particulière, sans bactérie, la PCR). On récupère ensuite tous les plasmides, que l’on introduit dans une autre bactérie, qui a la propriété d’injecter de l’ADN de plasmide dans les cellules de plantes, et permet ainsi de produire des OGM. Mais ce n’est qu’en voyant pousser la plante que le sélectionneur-généticien saura si le gène a bien été intégré au sein du génome de son OGM et si, par d’autres mises en culture, le gène s’exprimera dans la descendance comme il l’a fait dans sa plante d’origine.

Car le problème posé par les OGM est le suivant : si rigoureuses que soient les techniques utilisées, le résultat est une affaire de probabilité ; nul ne sait dire de quelle façon le gène transféré s’intègre ni comment le site (toujours au hasard) de son intégration influe sur son expression... Il faut donc faire le bon choix parmi la collection d’OGM produits, ce que le sélectionneur, en principe, sait faire.


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