Depuis l’appel de Paul Berg au début des années 1970 jusqu’aux débats contemporains sur les cellules souches ou la biologie synthétique en passant par les controverses sur les OGM, les sciences et techniques du vivant sont au cœur des relations entre sciences et sociétés.

Quels types de régulation et de contrôle pour les recherches ? Faut-il réglementer les applications ou bien aussi les recherches ? Où s’arrête la liberté de la recherche et où commence à s’exercer la responsabilité des chercheurs ? Le public doit-il être informé ? Comment organiser des débats publics sur ces enjeux ?

L’objectif de cette initiative commune de Genopole® et de l’IFRIS est de revenir sur ces questions en organisant un dialogue entre sciences du vivant et sciences humaines et sociales. On tirera parti de l’expérience des quatre dernières décennies pour éclairer les enjeux les plus contemporains ; il s’agira de se départir d’une position qui opposerait terme à terme des scientifiques rationnels et une société en proie à ses émotions et à ses peurs, pour comprendre comment sciences et société sont coproduites.

En effet, les connaissances et les technologies émergentes qui s’y alimentent ne naissent pas tout équipées des normes et valeurs qui fondent leur gouvernance en société. La gouvernance des connaissances et des technologies se construit en quelque sorte sous nos yeux, selon des formes qui varient d’un pays et d’un secteur à l’autre, et qui affectent l’acceptabilité des changements réels ou imaginaires promis par la science.

Les technologies émergentes contemporaines, à forte densité scientifique, reposent sur la production d’une connaissance à la fois incertaine et controversée. Ces technologies sont porteuses d’un potentiel de risques et de promesses. L’incertitude engendre ainsi des inquiétudes irréductibles à des représentations (éventuellement erronées) que l’exercice unilatéral de la rationalité scientifique pourrait rectifier. C’est en particulier le cas dans les sciences du vivant.

Parce que l’incertitude autorise une grande variété d’interprétations des risques et promesses, une diversité d’acteurs sociaux, économiques, politiques, scientifiques, « entrepreneurs de causes » multiples et hétérogènes, s’invitent sur la scène publique. Chacun y propose sa propre « mise en problème » et sa « mise en promesse » des connaissances et technologies.

C’est ainsi que les sciences émergentes se trouvent de plus en plus généralement confrontées à l’intervention d’acteurs souvent non étatiques, qui se dotent de capacités d’expression variées. À côté des gouvernements, ce sont des associations, des conseils internationaux, des agences nationales, etc. Ils contribuent, selon des modalités d’organisation multipolaires, à donner forme aux arènes où ils développent des relations de coopération et / ou de concurrence avec, pour horizon, d’inscrire leurs intérêts et leurs valeurs dans des normes qui garantissent les « bonnes conditions » de production et d’usage de la science et de la technique… celles qu’ils jugent nécessaires et pertinentes parce qu’elles serviront de boussole pour l’action des uns et des autres.

La série de cinq journées — sur un cycle de cinq ans — organisées par Genopole® et l’IFRIS couvrira les thèmes suivants :

  • Les sciences de la vie et leurs publics (publics virtuels, publics engagés, publics concernés, etc.)
  • Les transformations contemporaines des modes de production dans les sciences de la vie (biologie à haut débit, plateformes, brevets, etc.)
  • Information, débats, forums hybrides : qu’avons-nous appris en quarante ans de débats sur les sciences et techniques de la vie ?
  • La régulation des sciences de la vie par les normes
  • La régulation éthique des sciences en pratique

Ces journées d’études se proposent de prendre au sérieux la question de la co-évolution science / société, en invitant quelques-uns des meilleurs spécialistes mondiaux à débattre sur les dispositifs qui se sont mis en place au cours de la dernière décennie, avec des spécialistes des sciences de la vie, mais aussi des élus, des journalistes, des associations, des gestionnaires de recherche, etc.

La première journée aura lieu le Mardi 28 septembre 2010
Collège de France : 11, place Marcelin Berthelot, 75005 Paris

L’idée de cette journée est de travailler sur la notion de « publics » à partir de quelques cas qui illustrent différentes figures des publics : les publics construits dans les sondages, les publics de la blogosphère, les groupes concernés, les publics engagés…

PUBLICS CONCERNES

Chercheurs et scientifiques (biologistes, sociologues, historiens…), industriels, pouvoirs publics, élus, responsables politiques et administratifs, acteurs de l’innovation, organismes et agences réglementaires (recherche, santé, médecine, environnement, innovation, éthique…), juristes, acteurs de la culture scientifique et technique, associations, étudiants, médias, grand public.

LANGUE DU COLLOQUE

Les exposés se feront en anglais ou en français selon les orateurs mais une traduction simultanée sera disponible dans les deux langues.

RENSEIGNEMENTS ET INFORMATION

  • Contacts :
    Nicole Chémali, directrice de la communication
    Mildred Geslin, assistante direction de la communication
    Tél. : 00 33 (0)1 60 87 84 40
    Fax : 00 33 (0)1 60 87 35 00
    communication@genopole.fr
  • Adresse de correspondance :
    GIP Genopole®, Genopole® Campus 1, Direction de la communication
    5, rue Henri Desbruères
    91030 Evry Cedex, France

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