Genopole

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Présentation

Qu’avons-nous appris en 40 ans débats sur les sciences et techniques du vivant ?
Quelles propositions pour l’avenir ?

L’objectif de ce 4° colloque Genopole / IFRIS est de s’interroger sur le rôle des débats publics concernant les sciences et techniques du vivant. Il s’agira de tirer les leçons d’une quarantaine d’années de débat afin d’identifier des pistes d’innovation et travailler sur la façon dont les relations entre sciences et société peuvent durablement s’améliorer.

En 1975, la Conférence d’Asilomar, organisée à l’appel de Paul Berg et rassemblant des scientifiques, mais aussi des journalistes, juristes et représentants officiels pour débattre des problèmes de société liés à l’utilisation des techniques de l’ADN recombinant, avait débouché sur un consensus : les chercheurs avaient affirmé l’impérieuse nécessité de poursuivre les recherches (mais en respectant des règles strictes) et de ne pas déléguer à d’autres la régulation des activités scientifiques. A l’époque, une telle initiative avait été perçue par le public comme la manifestation d’un haut sens de la responsabilité collective et avait renforcé la confiance dans l’entreprise scientifique.

30 ans plus tard en 2004, Paul Berg pense que les questions brûlantes concernant les relations sciences-société ne peuvent plus être traitées de la sorte. Elles nécessitent que soient inventées de nouvelles formes de débats démocratiques sur les choix scientifiques et techniques.

Dès lors, de nombreuses questions se posent : Qu’est-ce qui doit être discuté ? Quand organiser de tels débats ? Qui doit y participer ? Quelle doit être l’articulation entre le débat et la décision ? (…) De telles questions ont été intensément travaillées depuis Asilomar, sur le plan de la doctrine par des philosophes, des politistes et des sociologues mais aussi au cours de nombreuses expériences mises en place par les autorités publiques dans différents pays : institutionnalisation de l’évaluation technologique parlementaire dès le début des années 1970 aux Etats-Unis, mise en place de comités d’éthique et tournant participatif en Europe dans les années 1980, généralisation des principes d’information et de débat public… ces expériences explorant les possibilités d’une « démocratie technique » ont été riches et diversifiées, marquées par la qualité des échanges et par une forme de raison publique qui s’exprime dans ce cadre.

Un examen rapide de ces expériences montre pourtant que la promesse d’un enrichissement conjoint de la science et de la démocratie ne semble pas avoir été tenue. Ou du moins que ces expériences n’ont convaincu ni les chercheurs qui considèrent qu’il est dangereux de négocier l’autonomie de leurs activités, ni les groupes critiques qui y voient une nouvelle forme de manipulation de l’opinion et de fabrique de l’acceptation des nouvelles technologies. La situation semble particulièrement bloquée en France où les débats sur les formes de débats sont tellement intenses qu’ils en viennent à occulter les questions scientifiques et techniques qui sont supposées être discutées.
Comment tirer les enseignements de 40 ans de débat en sciences du vivant et construire le dialogue sciences-société de demain ?