La 5e B4B-Connection Bioproduction « Cell and Gene Biotherapies » a rassemblé plus de 120 personnes au cœur du biocluster évryen, pôle majeur de développement des biothérapies, thérapie génique et médecine régénérative, en France.

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L’événement, organisé par Buzz4bio en partenariat avec Genopole, a été introduit par Naceur Tounekti, DGA de Genopole, qui a exposé la dynamique du mini-cluster Bioproduction d’Evry, les laboratoires et entreprises impliqués, les plates-formes-technologiques déjà en service ou en projet, ainsi que le centre de formation dédié aux métiers de la bioproduction (IMT). Naceur Tounekti a révélé ensuite les derniers faits marquants qui préparent l’émergence des biothérapies, en particulier l’installation de l’institut des cellules souches I-Stem dans le Centre de Recherche Clinique et Translationnelle bâti au cœur du biocluster, la production par Généthon Bioprod de lots de vecteurs pour le lancement d’essais cliniques de thérapie génique, ou encore le lancement de la construction d’un grand centre de bioproduction industrielle.

Anne Galy, directrice de l’unité mixte de recherche INTEGRARE (Inserm, UEVE, EPHE, Généthon) a dressé un panorama de 25 ans de recherche sur les maladies génétiques rares et la thérapie génique. A l’engouement initial lorsque les premiers gènes responsables de maladies génétiques ont été identifiés, et les premiers succès, comme la guérison de « bébés-bulles », a succédé la prise de conscience des risques et de la nécessité d’accompagner ces innovations thérapeutiques par une recherche et un développement scientifique rigoureux. Un premier médicament de thérapie génique a été enregistré en Europe en 2012 seulement. Aujourd’hui, les perspectives de la thérapie génique voient le jour, pour les maladies génétiques rares, mais aussi pour les cancers. Plus de 100 essais cliniques sont en cours.

Parallèlement, la production de ces vecteurs à l’échelle industrielle devient possible, laissant entrevoir la perspective de traiter un grand nombre de patients. C’est ce que Frédéric Revah, DG de Généthon, a souligné en présentant Généthon Bioprod, constitué de quatre suites de production de vecteurs et d’une suite de production de cellules souches, ainsi que le projet d’une structure industrielle de production pour les thérapies génique et cellulaire.

Caroline Bonnefond, Cell Therapy Project Manager à I-Stem, a exposé le programme de recherche translationnelle PACE pour une thérapie cellulaire sur des ulcères de jambes de personnes atteintes de drépanocytose. Le protocole de recherche mis au point a dû passer en grade clinique. Suite au changement récent de réglementation, le feuillet de cellules souches, élément utilisé pour la greffe, est devenu un « médicament de biothérapie innovante » (ATMP en anglais), qui nécessite dorénavant une production dans un établissement pharmaceutique. Ainsi, pour concrétiser le fruit de ses recherches en essai clinique et produit pour le patient, l’équipe de scientifiques doit repenser toutes les étapes du procédé en termes de transfert industriel, et ceci dans un contexte réglementaire en pleine évolution, comme l’a montré Valérie Salentey, chargée d’Affaires réglementaires à Généthon. La tâche est passionnante et prometteuse, mais de grande ampleur.

CellforCure et la société partenaire Clean Cells ont présenté le consortium C4C alliant les compétences de l’EFS, d’entreprises et de CHU pour développer une plate-forme de développement et d’industrialisation des thérapies cellulaires.

Les sociétés GenoSafe, Pall Life Sciences, Eveon, Cell&Co, CiToxLAB, Aseptic Technologies, Arlenda, ER2i et I&L Biosystems ont présenté leurs services ou produits développés pour les biothérapies.

Les biothérapies innovantes sont parvenues aujourd’hui à un tournant majeur : les premiers essais aboutissent, les perspectives deviennent industrielles, les acteurs se multiplient et les sociétés pharmaceutiques s’y intéressent.

#Biocluster #Thérapie cellulaire #Thérapie génique