La metformine, un antidiabétique courant, s’avère capable de rajeunir les cellules des patients touchés par la Progéria. L’équipe d’I-Stem dirigée par le Dr Xavier Nissan, en collaboration avec celle du Pr Nicolas Lévy de la Faculté de médecine de Marseille, l’a démontré grâce aux cellules souches iPS. Les résultats ont été publiés le 10 novembre 2016 dans la revue npj Aging and Mechanisms of Disease (Nature partner journal).

La Progéria est une maladie génétique très rare qui induit un vieillissement accéléré des enfants atteints et leur décès prématuré entre 13 à 16 ans. La mutation responsable de la maladie conduit à la production d’une protéine toxique pour les cellules, la progérine : elle endommage leurs noyaux, empêche la réparation de l’ADN et altère la multiplication et la différenciation cellulaire, provoquant le vieillissement observé.

« Aujourd’hui, les médicaments à l’essai sur les patients atteints par la Progéria visent soit à détruire la progérine, soit à en bloquer la toxicité mais aucun d’entre eux n’a d’effet sur sa production » souligne Xavier Nissan.

S’appuyant sur une étude montrant l’effet de la metformine sur l’expression génétique, les chercheurs ont montré que la metformine pouvait diminuer l’expression de la progérine dans des cellules de peau, d’os et de vaisseaux sanguins portant la mutation, obtenues à partir de cellules souches iPS*.

De plus, ils ont pu observer in vitro l’amélioration du défaut caractéristique du vieillissement visible sur les noyaux des cellules. En effet, chez les malades, la présence de progérine conduit à la déformation des noyaux.

Noyaux de "cellules progéria" traitées à la metformine
Après traitement, on note une amélioration sensible : la forme du noyau est restaurée.

Seule ou combinée à d’autres molécules, la metformine offrira, après une évaluation sur des modèles animaux de la pathologie, la perspective d’un nouveau traitement contre cette maladie gravissime.

*Les cellules souches iPS sont des cellules reprogrammées à l’état de cellules souches à partir de cellules quelconques du patient, telles que des cellules de peau. Elles possèdent les mêmes caractéristiques d’autorenouvellement à l’infini que les cellules souches embryonnaires et portent la mutation responsable de la maladie. Elles peuvent être différenciées en n’importe quels types cellulaires pour mener des études ou tester des médicaments (ici en cellules de peau, d’os et de vaisseaux sanguins, qui sont des tissus touchés par la maladie).
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Référence :
Anne-Laure Egesipe, Sophie Blondel, Alessandra Lo Cicero, Anne-Laure Jaskowiak, Claire Navarro, Annachiara De Sandre-Giovannoli, Nicolas Levy, Marc Peschanski & Xavier Nissan
Metformin decreases progerin expression and alleviates pathological defects of Hutchinson–Gilford progeria syndrome cells. npj Aging and Mechanisms of Disease (2016) 2, Article number : 16026 .
doi:10.1038/npjamd.2016.26

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