Mardi 29 août, Michel Cadot, préfet de la Région Ile-de-France, s’est rendu à Genopole pour découvrir la dimension, l’organisation et les acteurs du biocluster.

De gauche à droite, Marianne Duranton, Michel Cadot, Josiane Chevalier, Jean-Marc Grognet.

Accompagné de Josiane Chevalier, préfète de l’Essonne et accueilli par Marianne Duranton, présidente de Genopole, conseillère régionale d’Ile-de-France, Michel Cadot a pu assister aux présentations de plusieurs chercheurs et entrepreneurs spécialisés dans le domaine de la santé mais aussi de l’environnement, de la foodtech, de l’agriculture... ceci après une entrée en matière de Jean-Marc Grognet, directeur général de Genopole :
« Genopole peut s’enorgueillir d’avoir le premier centre français et dans le top 3 européen en termes de capacité de séquençage à haut débit (le Centre national de recherche génomique humaine) et le premier centre au monde de production de médicaments de thérapie génique (Yposkesi)... ».

Les piliers de Genopole

Jean-Marc Grognet a rappelé que Genopole, créé en 1998, accompagne 86 entreprises, 19 laboratoires de recherche et 25 plates-formes technologiques de pointe, que les axes de recherche portent sur la génomique médicale notamment sur la recherche des gènes impliqués dans 8000 maladies rares, dans les cancers, le diabète, la maladie d’Alzheimer, les maladies cardiovasculaires. Genopole soutient le développement de la médecine personnalisée, la thérapie génique, la thérapie cellulaire... La biologie de synthèse constitue également un pilier fort du cluster, de même les biotechnologies à l’origine d’innovations utiles au développement durable.

La déclaration du préfet de la Région Ile-de-France

Michel Cadot a exprimé, à la fin des allocutions, son étonnement de « trouver un site d’une telle ampleur. Il y a quelque chose ici d’unique, un partage des valeurs, la même volonté d’avancer, de ne pas considérer comme une fatalité les maladies rares. C’est un encouragement magnifique pour les représentants de l’Etat et les élus que nous sommes, sur un territoire qui n’est pas si favorisé. Je veux vous dire mon soutien et ma totale adhésion aux côtés de la Région, du Département, des communautés d’agglomération et des maires. On parle beaucoup du Grand Paris..., je pense que ce sont au sein de projets comme celui-là que se joue l’avenir ».

Son message sur le livre d’or de Genopole
« Merci à toute l’équipe de Genopole d’apporter la démonstration, au fil des années, de l’intelligence, de l’innovation et des partenariats efficaces. Ce succès est unique c’est un modèle pour notre Pays, pour la Région Ile-de-France et pour l’Essonne. C’est en de telles occasions, et avec votre aide, que nous avons la possibilité de montrer le bien-fondé de cette aventure qu’est Genopole. Vous pouvez compter sur mon soutien et je vous remercie de la qualité de votre accueil ».

La parole aux chercheurs et aux entrepreneurs

Michel Cadot, préfet de la région Ile-de-France, assiste à la présentation d’Ynsect

Elsa Cuny, chargée de communication d’Ynsect  : « Ynsect élève et transforme des insectes (Tenebrion molitor) pour l’industrie agro-alimentaire. Nos clients sont des fabricants d’aliments pour animaux de compagnie (chiens et chats) et pour l’aquaculture car depuis le 1er juillet, la législation européenne autorise la commercialisation d’aliments à base d’insectes pour la pisciculture. Il faut savoir que 7 millions de tonnes de protéines de poissons étaient utilisées en 2000 pour la fabrication d’aliments pour poissons. Les réserves halieutiques chutent et la quantité de protéines de poissons utilisées est tombée à 4,5 millions de tonnes. Les protéines d’insectes sont une alternative... Ynsect qui a levé 35 M€ en 3 ans, programme une nouvelle levée pour financer la construction d’une usine pour le marché de l’aquaculture ... ».

Jean-François Deleuze, directeur du Centre national de recherche en génomique humaine (CNRGH, CEA) :
« Au CNRGH à Evry, nos publications sont reconnues dans les meilleurs journaux du monde. Nous cherchons à comprendre les maladies, leurs mécanismes pour mieux les traiter. Souvent, on soulage les symptômes mais on ne guérit pas la maladie. La médecine personnalisée va permettre cela, à partir de la collecte des données génétiques des patients. Il nous faut travailler pour cela avec beaucoup d’hôpitaux à l’échelle française et européenne. Nous travaillons notamment sur la maladie d’Alzheimer pour identifier les gènes responsables et avons accès à un calculateur de très haute performance du CEA pour comparer les données génétiques de 20 000 patients... Nous cherchons également à déployer ces compétences à d’autres domaines comme celui de la collaboration avec la police pour l’identification de criminels ou du bioterrorisme » .

Marc Delcourt, PDG de Global Bioenergies : « Devenir un pilier de la transition énergétique et environnementale, c’est notre objectif à Global Bioenergies. Notre innovation de rupture est protégée par 32 familles de brevets. Elle consiste à créer des usines microbiennes pour produire l’isobutène, aujourd’hui exclusivement dérivé du pétrole, à partir de ressources renouvelables (sucres de betterave, canne à sucre, copeaux de bois, paille...). Le marché estimé à 20 milliards de dollars est très diversifié : biocarburants, plastiques, gaz domestique, caoutchouc, cosmétique, verre organique... On a construit une usine pilote à Pomacle (près de Reims) en 2014. Puis sur le site de la raffinerie de Leuna en Allemagne, un démonstrateur en fonctionnement depuis six mois. Il nous faut parfaire le procédé pour construire une usine commerciale, projet que nous avons à l’horizon 2020 avec Cristal Union pour la production de 200 KT de saccharose industriel converties en 500 K T d’isobutène gazeux... A terme, nous voulons utiliser le CO2 atmosphérique concentré qui sort des sites industriels pour nourrir les bactéries ».

Alain Lamproye, directeur général d’Yposkesi : « YposKesi est une société récente créée en novembre 2016 sous l’égide de l’AFM-Téléthon avec l’appui de Bpifrance. C’est le plus gros projet en Europe de plate-forme industrielle pour le développement de thérapies génique et cellulaire. Nous voulons développer des produits (lots pré-cliniques et cliniques) de thérapie génique et cellulaire issus des pipelines de I-Stem et de Généthon et les commercialiser à un prix juste et maîtrisé. Nous pouvons aussi assurer une production pour les besoins de sociétés tierces. Nous sommes face aux médicaments les plus complexes du monde, ce sont des entités vivantes extrêmement compliquées à produire à l’échelle industrielle à des coûts maîtrisés. Nous avons des candidats-médicaments avec Généthon et I-Stem. Nous avons la responsabilité d’améliorer les rendements industriels pour obtenir des coûts acceptables, essentiellement pour le traitement de maladies rares mais aussi de maladies fréquentes comme l’hémophilie. La plate-forme va s’étendre à l’horizon 2021 et comptera 300 ingénieurs, pharmaciens et experts, trois bâtiments, 13 000 m2 de surface de production ».

Marc Peschanski, directeur scientifique du laboratoire I-Stem : « I-Stem a été créé il y a douze ans par l’AFM-Téléthon et l’Inserm. I-Stem axe ses recherche sur les cellules souches ; ces cellules prolifèrent et donnent naissance en laboratoire à n’importe quel tissu ou cellule. Nous travaillons à la substitution des cellules malades par des cellules saines. Trois programmes sont en cours, sur la rétine, sur le cancer cutané et sur la maladie neurodégénérative Huntington. Pour la production et l’étude des cellules, nous disposons d’un équipement robotique extrêmement puissant et extrêmement cher grâce à l’appui de l’AFM-Téléthon et de Genopole... L’attractivité de Genopole est importante pour nous : nous sommes visibles sur la carte quand nous parlons avec nos collègues européens ».

Marc Masson, président et directeur scientifique de Anova-Plus : « Anova-Plus démocratise les tests ADN pour l’agro-industrie. Les agriculteurs peuvent avec nos kits de diagnostic, basés sur l’amplification ADN, tester sur le terrain la présence de pathogènes graves (alternaria, xylella, flavescence dorée...) pour l’environnement, rapidement et simplement. Cela permet aussi de détecter des résistances à des produits chimiques et d’éviter des traitements qui ne servent à rien : Un gain pour l’environnement mais aussi la santé... il faut savoir qu’une pomme non bio subit 40 traitements dans l’année ! ».