Table ronde intéressante sur les biotechnologies dans l’industrie, mardi 9 décembre au Village du Crédit Agricole, organisée par Genopole à l’occasion de la remise des prix de son concours.
Interrogés par Nathalié Croisé, journaliste de BFM Business, des industriels ont témoigné au sujet de l’intégration des biotechnologies dans leurs unités de productions. Voir la vidéo de la table ronde

Les intervenants
- Sébastien Duprat de Paule, responsable R&D de Chimex ( secteur cosmétique, filiale de L’Oréal)
- Boris Jaffrennou, responsable du programme Chimie Verte de Saint-Gobain
- François Monnet, responsable plate-forme chimie renouvelable de Solvay
- Dominique Aimon, directeur de la communication scientifique et technique de Michelin

Verbatim

Sébastien Duprat de Paule (Chimex) :

« Nous avons déjà une usine de biotechnologie à Tours, d’industrialisation des principes actifs par fermentation. On veut aller plus loin. L’objectif est de diminuer les émissions de CO2, les quantités de déchets générés et les rejets d’eau.
- Nous avons initié des partenariats avec des sociétés de Genopole. C’est pour cela que l’on est partenaire du concours depuis trois ans. Nous cherchons de jeunes pousses qui peuvent répondre à nos besoins. A ce titre-là, le séminaire du « Parcours de l’entrepreneur » organisé par Genopole auquel une première sélection de candidats a participé, nous fait découvrir des projets de grande qualité qui augmente d’année en année ».

Dominique Aimon (Michelin) : « La chimie verte apparaît dans le domaine des pneumatiques. Le quart de la production de Michelin provient du caoutchouc naturel. Le reste du pétrole.
- Les besoins en 2050 seront multipliés au moins par deux. On sait que l’on ne trouvera pas la matière nécessaire. Il faut donc trouver des alternatives. Nous développons un programme visant à fabriquer du butadiène pour la production de caoutchouc synthétique...
- L’analyse de vie globale du produit est fondamentale. Si un pneu entraîne une augmentation de la consommation de carburant, ce n’est pas acceptable.
- On a besoin d’une grande flexibilité dans nos approvisionnements. C’est pour cela que l’on choisit cette direction. Michelin ne connaissait rien aux biotechnologies mais s’est ouvert peu à peu à de petites sociétés de biotechs partenaires ...
- Multiplier les technologies permet de trouver des amortisseurs aux prix des matières qui font du yoyo. Pour autant, notre objectif n’est pas de faire du pneu 100% bio. Nous devons être sûrs de trois choses : que la nouvelle technologie est plus économique, meilleure d’un point de vue social et environnemental ».

François Monnet (Solvay) : « Solvay réalise un chiffre d’affaires de 10 milliards dont un milliard en biosourcé, ce qui n’est pas négligeable.
- Nous essayons de trouver de nouvelles fonctionnalités du naturel. On a laissé passer la vague du pétro-sourcé et nous cherchons une chimie plus diversifiée. Ceci étant, de la coupe aux lèvres, il y a une certaine distance. Cela nécessite d’engager des millions d’investissements dans les usines pour passer de la chimie traditionnelle aux biotechnologies. Vous comprenez que l’on se pose des questions avant de franchir le pas... »

Boris Jaffrennou (Saint-Gobain) : « L’objectif du groupe est de développer des produits de construction plus propres. Un travail énorme est accompli dans le but d’améliorer la qualité de l’air intérieur, ceci en utilisant des matériaux biosourcés. L’exemple le plus concret est l’utilisation de liants biosourcés pour lier les fibres minérales ».
Voir le détail du concours 2014