Global Bioenergies a choisi un lieu mythique de la course automobile pour sa première mondiale ! C’est sur l’anneau de vitesse de Linas-Montlhéry, construit en 1924, que la société innovante a invité la presse, jeudi 5 avril, pour démontrer la viabilité de son biocarburant.

Le directeur général, Marc Delcourt, et le directeur de la filiale allemande, Ales Bulc, ont rempli le réservoir d’une voiture de série, n’ayant fait l’objet d’aucun réglage préalable, avec un mélange d’essence contenant 34% de biocarburant issu de la fermentation de sucres, un taux inégalé jusqu’à présent !
34% de carburant renouvelable ajouté à deux tiers d’essence sans plomb : ce mélange, étant conforme à la norme européenne, pourrait être distribué dans n’importe quelle station-service et alimenter la voiture essence de M. ou Mme Tout le monde.
Fabriqué selon un procédé exclusif de Global Bioenergies, le biocarburant est issu d’un précurseur, l’isobutène, utilisée en pétrochimie, obtenue ici non pas de ressources fossiles mais à partir de sucres extraits de matières premières renouvelables comme la mélasse de betterave, de la paille, du bois …

Le début d’une série d’essais sur route

Premier tour de clé, l’équipe de Global retient son souffle, la voiture démarre et s’élance sans problème dans l’anneau de vitesse. Une demi-heure de piste, sans incident de parcours, démonstration réussie ! Elle marque le début d’une série d’essais sur route qu’un laboratoire indépendant réalisera prochainement en conditions réelles, sur route de campagne, en ville, sur autoroute…
La voiture, alimentée avec le même mélange qu’à Montlhéry, tractera une remorque équipée de capteurs pour analyser les gaz d’échappement. Les mesures seront comparées à celles obtenues dans les mêmes conditions, avec une essence SP (sans plomb) 95.
L’objectif principal est de vérifier « en conditions réelles », les bons résultats obtenus en laboratoire : une réduction notable des émissions de particules et donc une moindre pollution atmosphérique.
Ce qui constituerait un argument de poids supplémentaire en faveur de la proposition innovante de Global Bioenergies qui avance déjà un bilan carbone bien meilleur que les carburants fossiles, sur l’ensemble du cycle de vie. En attendant, la marque Global Bioenergies a marqué des points et changé de dimension.
Un cap est franchi qui bascule la société du monde de la science et de la recherche à celui de la réalité industrielle. La route n’est pas finie pour autant. Reste à réussir la montée en puissance de la capacité de production pour in fine, accéder au marché. Marc Delcourt estime qu’en 2040, « la consommation de l’automobile se répartira en trois tiers entre les carburants fossiles, les biocarburants et l’électricité  ».

Une usine à l’horizon 2021 en Champagne

Bernard Chaud, directeur de la stratégie industrielle de Global Bioenergies :
« Nous allons monter une usine commerciale en Champagne sur un site de production de betteraves, à l’horizon 2021, équipé de plusieurs fermenteurs pour atteindre une capacité de 50 000 tonnes de carburant par an. Nous sommes associés à la coopérative betteravière Cristal Union  ».
Global Bioenergies changera alors d’échelle : l’actuelle unité de démonstration, basée à Leuna en Allemagne, a une capacité de production de 100 tonnes par an.

Le modèle économique de Global Bioenergies est la vente de licences à des producteurs de sucres, d’amidon voire de bois, intéressés par la transformation de ces substrats végétaux en carburants. La fermentation et la distillation se font sur place, au plus près de la production des substrats végétaux. Le marché visé est d’abord européen puis américain.

Le mélange contient deux dérivés d’isobutène :
- l’isooctane, obtenu par la condensation de deux molécules d’isobutène suivie d’une hydrogénation
- l’ETBE obtenu par la condensation d’isobutène et d’éthanol

Conforme à la norme européenne EN228, ce mélange est donc autorisé à la vente pour toutes les voitures à essence.

Verbatim :

Marc Delcourt, directeur général de Global Bioenergies  : « Cette journée marque un énorme jalon pour l’entreprise. Quelques années à peine après l’entrée de notre procédé dans sa phase de mise à l’échelle, le fruit des efforts déployés sont désormais visibles. Le mélange d’essence développé par l’entreprise et utilisé aujourd’hui à Montlhéry présente une teneur exceptionnellement élevée en composés renouvelables... Aujourd’hui, le biocarburant de référence pour les voitures à essence, c’est l’éthanol. On ne peut pas en mettre de 10%. Au-delà, il faut changer les moteurs. Notre technologie permet la production d’essence contenant 34% de renouvelable. Nous comptons commercialiser cette essence validée à Montlhéry à partir de 2021... La voiture électrique, on est enthousiaste à l’idée qu’elle se développe mais on sait qu’elle n’ira pas au-dessus de 20,30 ou 40% du marché. Pour les 60 ou 70% des voitures qui resteront thermiques, la solution, c’est les biocarburants ».

Reiner Mangold, directeur du développement durable pour Audi
 : « L’objectif du partenariat avec Global Bioenergies est de développer de l’“e-benzin” pour nos clients. Cette contribution volontaire de notre part vise à réduire l’empreinte carbone de l’industrie automobile. Les effets potentiels sur les économies de CO2 et la réduction d’émissions associés aux carburants synthétiques “drop-in” sont d’importants atouts pour notre stratégie e-carburants. »

Jean-Marc Grognet, directeur général de Genopole : « On est fier que cette première mondiale soit née de recherches menées à Genopole où est installé Global Bioenergies. Son exemple démontre la pertinence du concept de Genopole qui repose sur la proximité de laboratoires, d’entreprises et de plates-formes technologiques de pointe. L’exemple de Global Bioenergies illustre brillamment l’ouverture du cluster, au-delà du médical, vers le domaine environnemental, au bénéfice du développement durable comme le font par ailleurs d’autres sociétés telles Anova-Plus, Ynsect, Innovafeed, WatchFrog, Algama, Agdia Biofords… ».