Le laboratoire LaMME (Laboratoire de mathématiques et modélisation d’Evry), en collaboration avec l’Unité de Génomique métabolique (Genoscope) et la Fondation Médecins sans Frontières, ont conçu une application qui diagnostique la résistance aux antibiotiques à l’aide d’un simple smartphone. Les chercheurs ont reçu une bourse de Google pour développer l’outil à grande échelle.

L’application fait appel aux techniques d’analyse d’image et une approche d’intelligence artificielle, l’apprentissage automatique. Elle résulte d’une année et demi de travail post-doctoral sous la responsabilité de Christophe Ambroise, qui dirige l’équipe Statistique et Génome au LaMME. L’algorithme est capable d’interpréter les photos d’antibiogrammes et de fonctionner sur smartphone ou tablette. L’application permet d’ores et déjà au personnel de Médecins Sans Frontières de choisir le traitement le mieux adapté pour chaque patient sans recourir à un expert en microbiologie.

Antibiogrammes
1600 photos et l’expertise microbiologique du Dr Royer (hôpital Henri Mondor) ont été mises à disposition du LaMME pour la conception de l’application.

La résistance aux antibiotiques est devenue un enjeu majeur à travers le monde. Dans les pays en voie de développement ou les zones de conflit, le problème est criant. Les infections et blessures sont traitées avec des antibiotiques qui ne sont pas nécessairement adaptés au profil de sensibilité ou résistance des agents infectieux, ou avec des antibiotiques à large spectre. Ces pratiques favorisent la progression de la résistance aux antibiotiques et, à moyen terme, le risque de ne plus parvenir à enrayer les infections.

La réussite de la version Alpha de l’application a conduit les chercheurs à présenter le projet à la compétition de Google « AI Global Impact Challenge » avec l’objectif de la rendre accessible en ligne pour les professionnels de santé, à l’échelle mondiale. Le projet est sélectionné parmi les 20 récompensés par Google.

« Être lauréat Google impact Challenge nous donne les moyens financiers (1,3 million d’euros sur 3 ans pour MSF) d’améliorer et de pérenniser l’application. C’est une reconnaissance des compétences évryennes en termes d’intelligence artificielle (IA) appliquée dans le domaine de la santé » déclare Christophe Ambroise. L’application ASTapp sera testée dans les laboratoires de terrain de Médecins Sans Frontières et dès 2019 dans celui d’Amman en Jordanie.

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