Les sociétés génopolitaines Laboratoire WatchFrog et Alyxan et autres partenaires du projet « Station de Vigilance des Eaux Hospitalières » (SVEH) ont exposé mercredi 29 novembre 2017, en présence de Mme Larribet de la Direction Générale des Entreprises du Ministère de l’Economie, les conclusions d’une étude pionnière menée depuis 2013 sur l’impact sanitaire et environnemental des rejets hospitaliers.

Station SVEH installée au CHSF

Associant un consortium de PME - Laboratoire WatchFrog, Alyxan, Toxem, Profilomic -, le Centre Hospitalier Sud Francilien (CHSF) et des laboratoires académiques (METIS de l’UPMC, EPOC de L’université de Bordeaux et Groupe Santé Publique – Environnement de Paris-Sud) et labellisé par les pôles Medicen et Dream, le projet SVEH a suivi au cours du temps le risque biologique - pollution par les perturbateurs endocriniens, toxicité sur l’ADN et embryotoxicité - et la charge en médicaments et autres molécules chimiques dans les eaux rejetées par le CHSF. Par son implication dans le projet, l’hôpital souhaitait avoir une visibilité sur les effets biologiques de ses effluents sur la santé et l’environnement.

Comme attendu, l’étude a mis en évidence une activité endocrinienne et une toxicité des eaux de rejet de l’hôpital. Mais le phénomène est complexe. Le suivi au cours du temps a révélé d’importantes variations de la toxicité des effluents selon la période, le jour de la semaine, voire dans la même journée.

Afin d’identifier les causes, des analyses physico-chimiques semi-continues ont complété l’étude. Une cinquantaine de médicaments et de produits désinfectants et détergents ont été détectés en quantités variables dans ces eaux. En parallèle, un modèle de prédiction des résidus médicamenteux rejetés a été créé en lien avec les données de flux de la pharmacie de l’hôpital. Le lien entre analyses chimiques et effets biologiques est difficile à établir et révèle la complémentarité des deux types d’analyses.

Visite de la station mobile de vigilance

En créant un réseau de compétences complémentaires et en stimulant des développements technologiques, le projet SVEH a construit une expertise collective sur l’analyse des effluents complexes des hôpitaux. Aboutissement du projet, la visite de la station de vigilance, laboratoire mobile autonome intégrant les technologies des partenaires, a clos la rencontre. L’outil est désormais disponible pour accompagner les démarches d’amélioration de la qualité des eaux des 3000 structures hospitalières en France.

Au CHSF, plus de 6 000 personnes, personnel et patients, rejettent chaque jour 250 à 300 m3 d’effluents dans le réseau général.
Comment gérer ces effluents et mettre en place les mesures correctives pour réduire la pollution et agir pour la santé et l’environnement ? Agir dans les stations d’épuration pour tenter d’éliminer les résidus ? Ou agir à la source pour être plus efficace et limiter le coût ? Le CHSF réfléchit à un traitement sur place de ses eaux usées pour éviter les rejets dans le réseau, mais devra être accompagné dans cette démarche.

La station : un laboratoire mobile équipé pour la gestion des échantillons d’eau
La FrogBox surveille la pollution par les perturbateurs endocriniens