Ynsect, entreprise pionnière de l’industrie « insectes », fait partie des 40 start up françaises les plus prometteuses selon le gouvernement. Félicitations à cette entreprise innovante qui après avoir remporté le concours Genopole de biotechs environnementales en 2013, s’est installé sur le biocluster où se trouve son centre de R&D. en février dernier, Ÿnsect réalisait l’une des plus importantes levées de fonds en France : 110 M€, dans l’objectif de constuire la plus grande ferme d’insectes au monde.

Ynsect sélectionné dans le NEXT40 - Genopole

L’annonce des sociétés sélectionnées dans ce NEXT40, indice établi sur un certain nombre de critères (montant des levées de fonds, chiffre d’affaires, croissance annuelle...), a été faite mardi 17 septembre par Emmanuel Macron. L’Elysée met un coup de projecteur sur ces 40 start up et annonce un investissement de 5 milliards d’euros dans les mois à venir, issus de banques et autres financeurs institutionnels.
Cette manne financière attendue d’ici à trois ans a pour objectif d’accélérer la croissance de ces sociétés innovantes, de favoriser la création d’emplois, de renforcer la French Tech notamment face à la concurrence américaine et chinoise, de créer des fonds français pour investir dans des sociétés cotées dans le domaine de la technologie.

Interview de Antoine Hubert, président et co-fondateur

1/ Cette nomination au sein du NEXT40 est une très bonne nouvelle pour Ÿnsect ! Quels principaux avantages allez-vous en tirer ?
Antoine Hubert : « Les bénéfices sont très importants. En premier lieu, en termes de visibilité auprès des investisseurs étrangers. Ceux qui veulent connaître les sociétés françaises innovantes dans tel ou tel secteur disposent maintenant de ce classement NEXT40. Deuxième avantage, la mise en contact avec différents organismes administratifs, comme l’Urssaf, les Douanes, l’Afnor, la Caisse des dépôts, la Cnil... Il peut être difficile d’identifier les bons interlocuteurs dans ces administrations quand on est une petite entreprise. Ces relais French Tech vont nous faciliter certaines démarches comme les recrutements, l’export, les autorisations administratives... »

2/ Quels sont les chiffres clés d’Ÿnsect ?
Antoine Hubert : « Nous avons levé un total de 200 M€, en intégrant les subventions, notamment 20 M€ reçus récemment de la commission européenne pour notre projet européen Farmyng pour fonder la première et la plus importante unité industrielle entièrement automatisée spécialisée dans la production de protéines d’insectes haut de gamme. Ÿnsect est la première entreprise française à remporter un projet de cette envergure soutenu par l’Europe. Ÿnsect emploie 115 personnes. Nous avons 70 M$ de commandes émanant de clients qui sont des fabricants de nourriture pour les poissons, pour les animaux de compagnie et des producteurs d’engrais. »

3/ Vous avez implanté votre centre de R&D à Genopole...
Antoine Hubert : « Genopole est un pôle de recherche reconnu. C’est un label de notoriété nationale et européenne. Dans le cadre du projet européen Farmyng, nous avons passé un partenariat avec Genoscope (CEA), également à Genopole, qui va travailler sur la sélection de souches d’insectes performantes. »

4/ Quels sont vos atouts différenciants par rapport à la concurrence ?
Antoine Hubert : « Nous sommes positionnés sur la production de protéines alternatives haut de gamme, présentant des bénéfices santé et nutritionnel uniques pour les animaux et les plantes. Notre technologie automatisée d’élevage, qui intègre un certain nombre de capteurs, permet de contrôler la qualité et de produire des volumes importants. Notre méthode d’élevage verticale économise à la fois de l’énergie et des surfaces agricoles. Il n’existe pas d’équivalent concurrentiel. »

5/ Quelles sont vos perspectives de croissance à long terme ?
Antoine Hubert : « Aujourd’hui, notre usine pilote à Dole (Jura) produit quelques centaines de tonnes par an. Ÿnfarm, notre site d’Amiens, sera opérationnelle en 2021 et produira 20 000 tonnes annuelles lorsqu’elle aura atteint son plein rendement. D’ici à 15 ans, notre objectif est d’ouvrir 10 à 15 usines à travers le monde et de produire un million de tonnes de protéines par an pour générer 5 milliards de revenus ! Le marché mondial de la nourriture animale est en croissance rapide, estimé à 500 milliards de $ par an. Celui des fertilisants représente environ 200 milliards de $. »

Ÿnsect remporte deux prix Tech For Good - Genopole

Deux prix Tech for Good

L’annonce de la composition du NEXT40 s’est accompagnée de la remise de prix Tech for Good par un jury indépendant. Ÿnsect remporte le prix environnement + le prix parité hommes-femmes !

L’innovation d’Ynsect ?


Ynsect
développe des technologies de production à grande échelle et de transformation d’insectes (un petit scarabée connu sous le nom de ver de farine) pour fournir des produits de haute qualité, notamment pour les marchés de la nutrition animale (Ÿnfarm), de la production d’engrais organiques (Ÿnfrass) et de la chimie verte.
La mission d’Ÿnsect est d’utiliser les qualités naturelles des insectes à grande échelle pour participer à la création d’une filière agroalimentaire durable et répondre à la demande croissante de consommation de protéines. Fondée en 2011 par Antoine Hubert, PDG, ingénieur agronome âgé de 36 ans, avec ses associés Jean-Gabriel Levon, Alexis Angot et Fabrice Berro, Ÿnsect ambitionne de devenir le leader mondial du secteur des protéines alternatives.
La technologie de rupture permettant d’automatiser l’intégralité du process de production est protégée par 25 brevets, qui font d’Ÿnsect le premier détenteur mondial de brevets sur les insectes.