La génétique, étude de l’hérédité, est une discipline récente de la biologie.
En effet, si la notion du passage d’informations héréditaires entre générations remonte au XVIIe siècle, la mise en évidence de l’ADN comme support de l’hérédité ne date que de 1943, et sa structure ne fut élucidée qu’en 1953. La naissance de la biologie moléculaire dans les années 70 marquent le réel démarrage de la génétique.
(Schéma : © Pierre Bourcier)


1751


René Antoine de Réaumur découvre que la polydactylie (présence d’un sixième doigt chez l’homme) est sous contrôle d’un caractère dominant.


1865


A partir d’expériences sur le croisement de plantes (petits pois), Johann Gregor Mendel jette les bases de la génétique moderne. Il comprend qu’un caractère héréditaire peut exister sous différentes versions (allèles), les unes dominantes, les autres récessives. Il en déduit les notions d’homo- et d’hétérozygotie et énonce les lois ("lois de Mendel") de la transmission de certains traits héréditaires. Ses résultats ont été ignorés pendant près de 30 ans.


1869


Découverte par Friederich Miescher de la nucléïne, composant principal du noyau des cellules.


1880


Sur la base d’observations faites au microscope et de raisonnements théoriques, les biologistes allemands Oskar Hertwig et Eduard Strasburger déduisent que le noyau des cellules est le siège de l’hérédité.

1910


L’américain Thomas Hunt Morgan découvre pour la première fois une drosophile (mouche du vinaigre) mutante aux yeux blancs (les drosophiles normales ont les yeux rouges sombres). Les expériences de croisement qui suivront permettront d’édifier les bases de la théorie chromosomique de l’hérédité.


1913


Thomas Hunt Morgan et Alfred Sturtevant établissent les premières "cartes génétiques", qui localisent les gènes le long des chromosomes de la drosophile. Pour ces travaux, Morgan recevra le prix Nobel de physiologie et de médecine en 1933.


1927


Hermann Muller, issu du laboratoire de Thomas Morgan, met au point l’induction artificielle de mutations par les rayons X chez la drosophile. Cette technique permettra d’améliorer considérablement la précision des cartes génétiques et de fournir la première estimation du nombre de gènes présents dans un organisme. Hermann Muller recevra le prix Nobel de médecine en 1946.


1944


A partir d’expériences sur des bactéries, Avery, MacLeod et McCarty démontrent formellement que l’ADN est la molécule qui portent les informations héréditaires.


1953


James Watson, Francis Crick et Rosalind Franklin élucident la structure physique de l’ADN : la désormais célèbre double hélice. James Watson et Francis Crick recevront, avec Maurice Wilkins, le prix Nobel de médecine pour ces travaux en 1962.


1965

Jacques Monod, François Jacob et André Lwoff reçoivent le prix Nobel de médecine pour leurs travaux sur les mécanismes de la régulation génétique.


1967

Le code génétique est enfin déchiffré ; c’est la clé de lecture de la séquence d’ADN et de compréhension des règles biologiques qui permettent à la cellule de traduire cette information pour produire les protéines.

Première synthèse in vitro de l’ADN d’un virus par les Américains Arthur Kornsberg, Mehran Goulian et Robert Louis Sinsheimer.


1972


Première expérience de transfert de gènes et de clonage chez la bactérie Escherichia coli


1978


Découverte par Arber, Nathans et Smith des enzymes de restriction, capables de "couper " les molécules d’ADN en des sites précis. Ce seront des outils-clés pour le développement du génie génétique.


1983


Kary Mullis invente la technique d’amplification d’ADN par polymérisation en chaîne : la "PCR" pour polymerase chain reaction. Grâce à la PCR, la biologie moléculaire fait un formidable bond en avant et s’ouvre à tous les domaines de la biologie.


Années 1990


Naissance, à Evry, grâce à l’Association française contre les myopathies, à Daniel Cohen, Jean Weissenbach et Charles Auffray, de la biologie à grande échelle, innovation méthodologique qui utilise robots et automates gérés par une informatique performante. Cette approche permet d’obtenir une carte physique et génétique du génome de l’homme dans des délais tels qu’ils bouleversent les projets et les stratégies des industriels, mais aussi ceux de la recherche académique.


1992 - 1996


Publication des premières cartes du génome humain, produites par le laboratoire Généthon : carte génétique, carte physique, catalogues des fragments de gènes exprimés.


2000


L’américain Craig Venter, de la compagnie privée Celera Genomics, annonce avoir obtenu la séquence brute (séquence imparfaite, à compléter et vérifier) du génome humain. Cette annonce, qui n’a pas donné lieu à une publication scientifique, a suscité de nombreuses réactions, tant dans le monde scientifique que politique, concernant la brevetabilité du génome humain.

Alain Fischer, de l’hôpital Necker à Paris, publie les résultats de la première thérapie génique réussie sur des enfants atteints d’un déficit immunitaire très rare DICS-X – lié au chromosome X, dits enfants-bulle.

Jean Weissenbach et son équipe du Genoscope annoncent, après étude comparative entre le génome de l’Homme et celui beaucoup plus compact d’un poisson (Tetraodon), que le nombre de gènes chez l’Homme est compris entre 28 000 et 34 000.


2002

Première synthèse du génome fonctionnel d’un viris par l’équipe de Wimmer (Université de Stony Brook)


2003


Le Projet génome humain, consortium international public, s’achève avec plus de deux ans d’avance et publie la séquence complète du génome de l’Homme.
Genoscope avait en charge le séquençage du chromosome 14.


2008


Synthèse complète d’un génome bactérien (Mycoplasma genitalim) par l’équipe de Daniel Gibson (J. Craig Venter Institute)

2010


Création de la première bactérie comportant un génome entièrement synthétisé, Mycoplasma mycoides JCVI-syn1.0, dite "Synthia", par le Craig Venter Institute. Le génome a été incorporé dans une bactérie d’une espèce proche de Mycoplasma capricolum.


Le projet MetaHIT (Metagenomics of the Human Intestinal Tract), qui implique le Genoscope, publie le catalogue des gènes de la flore intestinale humaine.