Dans un contexte de transformation profonde de la filière bioéconomie, le partenariat entre le GIP Genopole et ARD signé en juin 2025 vise à renforcer le continuum entre innovation scientifique et industrialisation des biotechnologies.
Philippe Aubry, Directeur Général d’ARD, en précise les enjeux et les ambitions.
ARD (Agro Industrie Recherches et Développements) est une société de recherche, développement et industrialisation de procédés, spécialisée dans la valorisation de la biomasse végétale, la fermentation industrielle et la chimie verte. Implantée sur le site de Bazancourt-Pomacle, situé près de Reims (Marne), elle s’est progressivement imposée comme un acteur de référence du biomanufacturing en Europe. Filiale du groupe coopératif VIVESCIA, ARD accompagne aujourd’hui des startups et des industriels dans la mise à l’échelle de leurs procédés, depuis la preuve de concept jusqu’à la production industrielle.
« Le partenariat avec Genopole s’inscrit dans une logique de continuité technologique », explique Philippe Aubry.
« Nous intervenons sur deux maillons complémentaires de la chaîne de valeur : Genopole travaille sur la conception et l’optimisation des systèmes biologiques, notamment via la biofonderie, tandis qu’ARD assure la montée en échelle et l’industrialisation des procédés. »
Cette complémentarité permet d’accompagner les projets de biotechnologie de manière intégrée, de l’idée initiale jusqu’à la production industrielle.
L’un des enjeux majeurs de la collaboration consiste à renforcer la continuité entre la recherche et l’industrie.
« En biotechnologie, la difficulté n’est pas seulement scientifique, elle est aussi industrielle et économique », souligne Philippe Aubry. « Un procédé peut fonctionner en laboratoire mais ne pas être viable à l’échelle industrielle, faute de rendement, de robustesse ou de modèle économique. »
Dans ce cadre, la coopération entre Genopole et ARD permet d’intégrer très en amont les contraintes industrielles : choix des souches, conditions de fermentation, optimisation des rendements et stratégie de purification.
Une offre intégrée au service des projets biotech
La convention signée entre les deux structures vise à construire une offre commune d’accompagnement des projets, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur :
- conception et optimisation des souches côté Genopole (biofonderie),
- développement et montée en échelle industrielle côté ARD (biomanufacturing),
- validation technico-économique et accompagnement vers l’industrialisation.
« L’objectif est simple : permettre aux entreprises de passer plus rapidement du concept à un procédé industriel robuste et compétitif », résume Philippe Aubry.
Au-delà des projets individuels, ce partenariat s’inscrit dans une ambition plus large de structuration de la filière biotech française. Dans un contexte marqué par les enjeux de décarbonation, de relocalisation industrielle et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement, le biomanufacturing apparaît comme un levier stratégique. « Nous participons à la construction d’une filière capable de produire des alternatives au carbone fossile, avec des procédés industriels durables et compétitifs », souligne Philippe Aubry.
Plusieurs projets communs sont d’ores et déjà en cours d’exploration ou de contractualisation, illustrant la dynamique opérationnelle du partenariat. À terme, l’ambition est de structurer une chaîne de valeur intégrée entre les deux écosystèmes, tout en renforçant les synergies entre les régions Île-de-France et Grand Est.