Syrra, lauréat du Hackathon D4Gen 2026 : donner une lecture exploitable des paysages acoustiques de la biodiversité
Lauréate du 1er prix du Hackathon D4Gen 2026, l’équipe Syrra a développé une solution innovante qui exploite l’intelligence artificielle pour analyser des volumes massifs d’enregistrements acoustiques et mieux comprendre la biodiversité.
À la croisée de la data science, de l’écologie et du machine learning, leur projet ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude des écosystèmes. Nous avons échangé avec l’équipe pour revenir sur leur parcours, leur projet et leurs ambitions.
Qui êtes-vous ?
L’équipe Syrra est composée d’étudiants de Télécom SudParis, réunis autour d’un intérêt commun pour l’intelligence artificielle appliquée aux sciences du vivant.
Leur constat de départ : les dispositifs de monitoring acoustique passif permettent aujourd’hui de capter la biodiversité à grande échelle, mais génèrent des quantités de données sonores impossibles à analyser manuellement.
Quel est votre projet ?
Syrra développe une solution capable de transformer des enregistrements audio longs, bruités et faiblement annotés en cartes structurées d’unités acoustiques exploitables.
Concrètement, le système repose sur deux briques principales :
- un détecteur “class-agnostic”, capable d’identifier des vocalisations animales sans dépendre d’une liste fermée d’espèces ;
- un modèle d’embedding qui projette les segments audio dans un espace de similarité, permettant leur regroupement en clusters interprétables.
Ces clusters peuvent ensuite être écoutés, nommés et corrigés par des experts, avec une logique de traçabilité et d’amélioration continue.
L’objectif est de rendre intelligibles des paysages sonores complexes et accélérer l’analyse de la biodiversité à grande échelle.
Qu’est-ce que ce hackathon vous a apporté ?
Pour l’équipe, les 48 heures du hackathon D4Gen ont joué un rôle d’accélérateur.
« Le hackathon nous a permis de tester rapidement nos modèles sur de grands volumes de données et d’itérer beaucoup plus vite que dans un cadre classique.
L’accès aux ressources techniques et les échanges avec les experts ont été déterminants pour structurer notre approche« , explique l’équipe Syrra.
Au-delà de l’aspect technique, l’événement a aussi permis de confronter leur idée à des regards extérieurs et d’affiner les cas d’usage.
Quelle est votre ambition pour la suite ?
Fort de ce premier prototype, Syrra souhaite désormais poursuivre le développement de sa solution et en renforcer la robustesse.
L’équipe ambitionne d’améliorer les performances des modèles, d’élargir les jeux de données analysés et de rendre la plateforme plus opérationnelle pour des usages en écologie, recherche et suivi de la biodiversité.
Ils souhaitent également poursuivre l’aventure avec des partenaires académiques et industriels afin de transformer ce prototype en outil utilisable à plus grande échelle.
« Nous espérons continuer à développer Syrra avec le soutien d’acteurs comme Genopole et Amazon Web Services, afin de passer d’un prototype de hackathon à une solution pleinement opérationnelle au service de la compréhension du vivant« , souligne l’équipe.
En s’attaquant au défi de l’analyse des données acoustiques à grande échelle, Syrra illustre le potentiel des approches hybrides entre intelligence artificielle et sciences du vivant.
Une approche qui s’inscrit pleinement dans la dynamique du hackathon D4Gen, consacré à l’innovation au service de la santé et de l’environnement.