PROGRAMME PRÉVISIONNEL

Pour Pierre Bourdieu « L’opinion publique n’existe pas », alors que selon John Dewey « Les publics se constituent autour des problèmes » et que Michel Callon théorise la notion de « Groupes concernés », commune dans le monde américain.

L’opinion publique semble aujourd’hui constituer un acteur majeur des politiques scientifiques ; pourtant, la notion n’a rien d’évident. L’idée de cette journée est donc de travailler sur la notion de « publics » à partir de quelques cas qui illustrent différentes figures des publics : les publics construits dans les sondages, les publics de la blogosphère, les groupes concernés, les publics engagés…

On travaillera ensuite sur les transformations de l’espace public des sciences du vivant, marqué par quelques traits majeurs : un niveau d’éducation plus élevé, des échanges horizontaux d’information, une érosion des formes d’autorité traditionnelles, une multiplication des controverses publiques sur les questions scientifiques, etc.

Suivant l’idée de co-production comme fil directeur de cette journée comme de celles qui suivront, on s’efforcera d’analyser systématiquement les interactions entre la production scientifique et les dynamiques de constitution de publics. Les discussions seront ouvertes par des biologistes qui ont été particulièrement impliqués dans les recherches des domaines concernés.

8:30 Accueil Café et enregistrement des participants
9:00 Ouverture et Introduction du colloque

Pierre Corvol, Administrateur du Collège de France, Président d’Honneur du colloque

Pierre Tambourin, Directeur général de Genopole®

Catherine Paradeise, Professeur, Université Paris Est-Latts, Présidente de l’IFRIS

9:30 SESSION 1 Les publics concernés

mobilisations associatives dans l’espace de la recherche médicale

Des myopathies au Sida, en passant par les maladies orphelines ou le cancer, les associations de patients jouent un rôle essentiel dans le système médical. Elles collectent et redistribuent une partie des ressources affectées à la recherche ; elles contribuent à la publicisation des causes des malades ; elles constituent aussi une source de connaissances et/ou de contre-expertise. A partir de l’analyse de quelques cas emblématiques, en France, en Europe et aux Etats-Unis, l’objectif de cette session est de discuter des transformations de l’espace de la recherche médicale liées aux mobilisations associatives. Ces « groupes concernés » sont-ils les opérateurs d’une nouvelle « démocratie technique » ?
Présidente

de séance

Dominique Donnet-Kamel,

Responsable de la mission Association de malades, Inserm

9:30 Nicolas Dodier, Directeur de recherche à l’Inserm, Directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
10:00 Vololona Rabeharisoa, Professeure à Mines-ParisTech, Chercheure au Centre de SocioIogie de l’Innovation/CNRS
10:30 Steven Epstein, Professeur de sociologie, Northwestern University
11:00 Pause
11:15 Discussion générale
12:00 SESSION 2

Déjeuner

Les publics engagés

mobilisations citoyennes et controverses sur les OGM

En France et en Europe, la controverse sur les OGM constitue sans doute le point de cristallisation des débats publics sur les enjeux économiques et sociétaux des sciences et techniques du vivant. Nourris par une incertitude et par des controverses scientifiques sur les impacts sanitaires et environnementaux des OGM, ces débats ne portent pas seulement sur les modalités d’utilisation des OGM mais aussi sur les politiques et l’organisation de la recherche.

  • Quels sont les moteurs de la mobilisation sur les OGM ?
  • En quoi ceux-ci sont-ils révélateurs de préoccupations ou d’aspirations largement partagées dans la société ?
  • Quels en sont les effets sur l’évolution des recherches en biotechnologies végétales ?
Président

de séance

Jean Masson,

Inra

12:00 Christophe Bonneuil, Chargé de recherche CNRS et associé Inra/SenS, IFRIS
12:30 Brian Wynne, Professeur, Lancaster University
13:00 Déjeuner
14:15 Pierre-Benoît Joly, Directeur de recherche Inra/SenS, Directeur de l’IFRIS
14:45 Discussion générale
15:30 Pause
15:45 SESSION 3 A la recherche des publics des technologies émergentes

le cas de la biologie synthétique

Organiser le débat sur les nouvelles technologies en amont, tant que les choix sont ouverts et que les investissements n’ont pas créé de trop fortes irréversibilités. Tel est le nouveau mot d’ordre, qui résulte entre autres de la controverse sur les OGM. Mais quels sont les publics des technologies émergentes, caractérisées justement par une très grande fluidité des effets ? Peut-on, pour reprendre la formule de John Dewey, concevoir un public en l’absence de problèmes autour desquels celui-ci se constituerait ? Quel est le sens politique d’un travail de construction des publics pour les technologies émergentes ? Ces questions seront abordées à partir d’une analyse des initiatives de mise en débat de la biologie synthétique, de la formation des publics dans la blogosphère et d’un retour historique sur les publics de la science et de la technique.
Président

de séance

Jean-Michel Besnier,

Directeur scientifique du Secteur Sciences et Société du Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche Professeur de philosophie à l’université Paris-Sorbonne

15:45 Claire Marris, Senior Research Fellow, Bios, London School of Economics et Inra
16:15 Jean-Philippe Cointet, Chercheur Inra/SenS et IFRIS
16:45 Bernadette Bensaude-Vincent, Professeur Université Paris X, présidente de Vivagora
17:15 Discussion générale
18:00 Conclusions du colloque
Programme détaillé SdV en societe
Brochure-Programme détaillé Colloque Sciences de la Vie en Société, 28 septembre 2010