Amatera Biosciences, installée à Genopole, annonce une levée de fonds de 6 millions d’euros. Le financement est porté par Demea Sustainable Investment (anciennement Demeter) et Oyster Bay Venture Capital, convaincus de la pertinence des recherches de Amatera Biosciences pour accélérer la création de variétés végétales non OGM plus résistantes aux aléas climatiques.
Amatera Biosciences, créée en 2022, installée à Genopole, a réussi une levée de fonds de 6 M€ auprès de Demea Sustainable Investment (fonds VitiRev) et Oyster Bay Venture capital, avec le soutien des financeurs historiques PINC, Mudcake et Exceptional Ventures.
D’ici 2050, les zones propices à la culture de l’Arabica pourraient diminuer de 50 %. Actuellement, la banane Cavendish est décimée par la maladie de Panama, tandis que 90 % des vignobles bordelais ont été frappés par le mildiou en 2023.
Trois exemples parmi beaucoup d’autres.
Comment protéger la filière agro-alimentaire d’aléas climatiques et de pathogènes de plus en plus fréquents et destructeurs ? L’amélioration variétale conventionnelle stagne, contrainte par de longs cycles de sélection.
« Il faut parfois plus de 20 ans et des millions d’euros pour créer une nouvelle variété de café ou de raisin à l’aide des techniques de sélection conventionnelles« , souligne Omar Dekkiche, co-fondateur et PDG d’Amatera Biosciences.
Contrairement aux méthodes classiques qui nécessitent la culture et le criblage de milliers de plantes en serre durant plusieurs années, Amatera Biosciences adopte une approche centrée sur les cellules embryogènes des plantes cultivées in vitro en environnement stérile. En combinant la biologie cellulaire végétale, l’automatisation robotique à haut débit et l’intelligence artificielle, « Amatera Biosciences accélère la sélection des cultures pérennes afin de créer de nouvelles variétés à moindre coût et en un temps record » poursuit Omar Dekkiche.
En identifiant précocement les variations cellulaires naturelles, la plateforme automatisée de Amatera Biosciences permet de créer des variétés de plantes pérennes résilientes tout en respectant les cadres réglementaires et les attentes des consommateurs en matière de naturalité.
Amatera Biosciences affiche de solides performances avec un processus jusqu’à 10 fois moins cher et 2 fois plus rapide que les standards existants.
Café, raisin et autres cultures à venir
Amatera Biosciences concentre actuellement sa R&D sur le café et la vigne. Pour exemple, la startup développe une nouvelle variété de café, le Robustica, à la fois bon et résistant. L’idée a été de partir d’une variété Robusta, naturellement résistante mais gustativement moins prisée, pour lui conférer les qualités aromatiques de l’Arabica.
Autre projet en cours : le développement d’une variété de café naturellement sans caféine, qui permettrait de s’affranchir des processus chimiques de décaféination, souvent polluants et coûteux.
Dans le domaine de la viticulture, Amatera Biosciences travaille sur un Merlot résistant au mildiou, une avancée qui pourrait réduire massivement l’usage des pesticides dans les vignobles tout en préservant la qualité intrinsèque du cépage.
Amatera Biosciences voit déjà plus loin que le café et la vigne.
L’objectif est désormais de déployer cette technologie à d’autres cultures annuelles.
« Ce financement nous permet d’étendre notre technologie du café et du raisin aux cultures de base qui nourrissent le monde, confirme Lucie Kriegshauser, co-fondatrice et directrice scientifique, docteure en biologie moléculaire. Nous voulons renforcer nos capacités de R&D afin d’industrialiser notre plateforme brevetée de robotique et d’intelligence artificielle. »
Forte du financement obtenu, Amatera Biosciences étoffe ses équipes d’ingénierie et de recherche et va étendre ses collaborations avec des semenciers et des acteurs de l’agroalimentaire pour intégrer sa plateforme dans des programmes commerciaux de sélection de variétés de maïs, de tomates, de blé…
Amatera Biosciences est aujourd’hui identifié comme un acteur solide pour le développement de programmes de sélection rapide et moins coûteux, dans un contexte où la résilience des cultures n’est plus une option mais une nécessité cruciale à l’échelle mondiale.