Un an après sa victoire au D4Gen Hackathon , la startup Hippocrate Care poursuit son développement avec l’ambition d’améliorer durablement la qualité de vie des patients atteints de maladies inflammatoires chroniques en leur redonnant une maîtrise concrète de leur santé.
À l’origine du projet, Andrea Ballarin Sébire, fondateur d’Hippocrate Care, part d’un constat simple mais encore largement sous-exploité : dans les parcours de soin actuels, les patients disposent de peu de leviers pour agir au quotidien sur leur état de santé.
Pourtant, l’alimentation, l’activité physique ou encore la santé mentale jouent un rôle déterminant dans l’évolution de nombreuses pathologies comme les rhumatismes, l’endométriose ou la maladie de Crohn. Avec Hippocrate Care, il choisit d’aborder cette problématique autrement en développant une application pensée comme un véritable « kit de survie anti-inflammatoire ». La solution est capable d’accompagner les patients au quotidien. L’enjeu n’est pas seulement de suivre des données mais bien de les transformer en recommandations concrètes, accessibles et personnalisées.
Une trajectoire accélérée au sein de Genopole
Le projet prend une première ampleur lorsqu’il rejoint le programme Shaker de Genopole. Très rapidement, les échanges avec les équipes et les experts permettent de structurer l’idée et de la confronter à des réalités scientifiques et médicales.
C’est dans cette dynamique qu’Hippocrate Care participe au D4Gen Hackathon et remporte en 2025 le premier prix de 10 k€. Cette reconnaissance joue un rôle déterminant dans la suite du parcours.
« Remporter le hackathon a été un vrai déclencheur. Cela a validé le projet et facilité de nombreuses mises en relation », explique Andrea Ballarin Sébire.
Au-delà du prix, c’est surtout l’écosystème qui vient en support : rencontres, conseils, connexions. Parmi elles, une collaboration va s’avérer particulièrement structurante.
Du projet à la réalité clinique
Grâce à l’appui des équipes de Genopole, Hippocrate Care initie rapidement des échanges avec le Centre Hospitalier Sud Francilien (CHSF).
L’objectif est ambitieux : concevoir une étude permettant d’analyser l’impact de l’alimentation sur les maladies inflammatoires notamment la polyarthrite.
Ce passage vers le monde hospitalier marque une étape clé mais aussi un changement d’échelle. Il implique de s’approprier des méthodologies rigoureuses, de construire un protocole scientifique solide et de naviguer dans un cadre réglementaire exigeant. Après plusieurs mois de travail, l’étude obtient sa validation début 2026. Une avancée majeure pour la crédibilité du projet, d’autant plus marquante qu’elle a été réalisée en un temps relativement court pour une structure encore jeune.
En parallèle de cette démarche scientifique, Hippocrate Care fait le choix de ne pas attendre pour confronter son approche au réel. Loin de se limiter à une logique de recherche, la startup développe un outil directement utilisable par les patients.
L’application permet ainsi de croiser des données liées à l’alimentation, aux symptômes et aux habitudes de vie, afin de mieux comprendre les mécanismes inflammatoires propres à chaque individu. Elle s’appuie sur des scores anti-inflammatoires (DII)* et intègre progressivement des dimensions plus avancées, notamment autour du microbiote.
À terme, l’ambition sera de créer un véritable jumeau numérique du microbiote, capable de modéliser les interactions entre nutrition, environnement et inflammation. Une perspective encore émergente mais qui ouvre la voie à une médecine plus personnalisée et préventive.
Pour autant, l’équipe reste pragmatique. L’enjeu immédiat est de proposer des fonctionnalités simples, utiles et réellement intégrées au quotidien des utilisateurs. Par exemple, des outils permettant d’identifier ses déclencheurs ou de réagir plus efficacement en cas de crise.
Structuration et premiers déploiements
Début 2026, le projet franchit une nouvelle étape avec l’arrivée d’un cofondateur, Renard Ferret, apportant une expertise technique et une expérience solide du développement en startup. Ensemble, ils accélèrent les itérations et engagent les premiers tests auprès d’utilisateurs. Ces expérimentations, menées avec des patients et des professionnels comme des nutritionnistes, permettent d’affiner progressivement la solution pour construire un outil qui s’inscrit naturellement dans la vie des utilisateurs, sans ajouter de complexité.
Cette phase de test s’accompagne du lancement d’un premier programme d’accompagnement combinant nutrition, activité physique adaptée et suivi via l’application. Une approche globale encore peu structurée dans les parcours de soin actuels.
Hippocrate Care répond à un angle mort du système de santé : l’absence d’accompagnement entre deux consultations. Dans cet intervalle, souvent long, les patients sont seuls face à leur maladie.
« Il existe un vrai manque aujourd’hui. On continue à chercher des solutions médicales mais très peu de choses sont proposées sur le quotidien des patients », souligne Andrea Ballarin Sébire.
En proposant des outils concrets, la startup cherche à redonner aux patients une capacité d’action en les aidant à mieux comprendre leur corps et à identifier ce qui influence réellement leur état de santé.
Une dynamique appelée à s’amplifier
Aujourd’hui, Hippocrate Care entre dans une phase charnière de son développement. Entre le lancement opérationnel de l’étude avec le CHSF, l’intégration de nouveaux utilisateurs et les premières offres destinées au grand public, les prochains mois seront déterminants.
L’objectif est désormais de valider le modèle à plus grande échelle avant d’envisager une phase de croissance plus structurée.